| CHAPITRE 7 | |
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Toutes les difficultés, sans relâche, tu combattras Je nai pas envie dy aller Je nai plus envie dy aller On ferait mieux dabandonner Plus envie que lon me demande pourquoi je ne me suis pas plutôt « lancé sur Internet », ce qui aurait alors fait de moi un millionnaire virtuel, mais instantané. Plus envie découter un discours politique en décalage complet avec ma propre réalité. ( ) A cet instant précis, je visualise mentalement le petit rocher trônant sur mon bureau à côté de mon ordinateur, et sa devise : « Winners never quit. Quitters never win. » . Ceux qui gagnent sont ceux qui nabandonnent jamais. Ceux qui abandonnent ne gagnent jamais. Acheté pour quelques dollars à laéroport de Chicago, ce petit bout de carton pâte est sans doute lun des meilleurs investissements que jai jamais réalisés. Il na cessé de mêtre utile depuis. Même si de nombreux compatriotes jugeraient simpliste son message « simpliste ». Mille fois, nous aurions dû abandonner. Et mille fois pourtant, nous avons trouvé lénergie de lutter pour faire vivre le rêve. ( ) Un livre entier ne suffirait à dresser linventaire de toutes les pressions, les angoisses, les doutes, et les humiliations qui sabattent ainsi chaque jour sur les entrepreneurs. Mais il nest pas inutile dinsister sur ce quelles mont enseigné. En affaires comme en chaque chose de la vieailleurs, aucun problème ne se règle jamais de lui-même. Pas plus que les vacances néliminent les difficultés laissées derrière soi. Elles vous attendent toujours à votre retour, souvent aggravées par le temps et lapparition de soucis supplémentaires. Un phénomène bien connu des personnels daéroports, qui qualifient même de « déphosphatés » ceux qui font dès leur retour une crise dangoisse, par anticipation des tracas qui les attendent. Tremblements, pleurs, crises de tétanie sont les traductions les plus fréquentes de ce phénomène dépressif, le « malaise du retour » . Métro, RER, bouchons, impôts, chômage, échéances, avenir, solitude, tout remonte en même temps. Selon moi, le seul moyen selon moi de vaincre ladversité est daffronter ces problèmes lun après lautre, dans un combat méthodique, personnel et quotidien. que ( ) Il est cependant des courriers plus douloureux que dautres Tel celui trouvé en rentrant à mon domicile le lundi 28 janvier 2002 au soir. Alors même que je commence tout juste à abandonner mes réflexes de défense pour passer enfin à lattaque, grâce à lentrée dans notre capital dun actionnaire qui partage notre projet, un nouvel obstacle, judiciaire, se dresse sur mon chemin. En haut à gauche de lenveloppe que jouvre en tremblant légèrement, un expéditeur inattendu : Bureau des Huissiers de Justice 31ème Chambre Correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris. « Vous êtes convoqué le 15 mars 2002 à 13h30 pour une affaire vous concernant » . Aucune autre explication ne figure sur le document. Du grand art en matière de stress ! Premier réflexe : glisser la lettre dans mon cartable, afin de ne pas inquiéter mon épouse, au cas où elle viendrait à découvrir ce courrier avant même que je ne sache de quoi je suis « accusé » . Vient ensuite le temps des doutes « La correctionnelle ! Mais quai-je donc fait pour mériter une telle convocation ? Il ne peut tout de même pas sagir de ce feu rouge brûlé en scooter il y a deux ans, qui mavait semblé avoir déclenché un flash Impossible, jaurais au moins reçu un PV depuis. » Jai beau chercher, rien ne me vient à lesprit. Mon humeur est pourtant bien sombre en cette soirée dhiver, et mon sommeil, une nouvelle deuxième fois, exceptionnellement agité. ( ) Vendredi 15 mars 13h30. Je pénètre aux côtés de mon avocat dans la 31ème chambre correctionnelle, intimidé par le decorum et bizarrement excité à lidée daffronter cette vénérable institution. Après avoir rendu son verdict dans deux sombres affaires de travail clandestin, Madame le Président mappelle à la barre, et demande à mon témoin de bien vouloir quitter les lieux pendant ma comparution. Son visage sans âge, sévère et doux à la fois, ses cheveux gris argentés, en feraient une candidate idéale pour un de ces shows consacrés à la justice quaffectionne tant la télévision américaine. Mais je ne suis pas cette fois assis dans le confort douillet de mon canapé. Impossible ici de zapper ce programme, la réalité me rattrape aussitôt. Assise à la droite du Président, Madame le Juge commence par me demander quel est mon salaire, celui-ci servant toujours de base à une éventuelle condamnation financière. Ce nest jamais en effet lentreprise qui est condamnée en pareil cas, mais bien ses mandataires sociaux. A titre personnel. ( ) A chaque étape du parcours, les difficultés changent de nature. Gérer un début de croissance est certes plus gratifiant que dencaisser déternels coups durs. , mMais ce nest pas forcément plus facile, les problèmes prenant une ampleur supplémentaire à mesure que lon grandit. Chaque année depuis cinq ans, notre chiffre daffaires a ainsi progressé de 30 à 50%. Besoins de trésorerie accrus, fonds propres insuffisants, équipes incomplètes, locaux inadaptés, informatique sous-dimensionnée, management débordé, organigramme inopérant, qualité de service inégale, culture dentreprise qui se transforme, valeurs qui se transmettent tant bien que mal.... Tout concourt également, de ce côté, à accentuer la pression. Le plus compliqué reste de prendre les bonnes décisions au bon moment. Pour passer dune marche à une autre, toute entreprise a en effet besoin de moyens supplémentaires, notamment humains, sans lesquels elle ne saura pas ou ne pourra pas, passer à la marche suivante. Car seule une fondation solide permet de bâtir un empire. Mais elle na quasiment jamais les moyens financiers de ces recrutements ou de ces investissements, au moment où ils doivent pourtant être décidés. Car tout prend toujours plus de temps, et coûte plus dargent que prévu. Toute entreprise en forte croissance perd généralement de largent pendant longtemps, et il lui est donc impossible dinvestir ce quelle ne gagne pas encore. ( ) Tout ce qui existe au monde est le fruit dun rêve impossible. Dune idée devenue une innovation parce quon la mise en place avant que dautres ne le fassent. Etape par étape, objectif par objectif, obstacle après obstacle, succès après succès. Sur ce chemin, limportant nest jamais le point où lon se trouve, mais celui que lon souhaite atteindre. Lessentiel nest pas de savoir ce que je suis, mais ce que je veux. Les obstacles sont la vie. Et laction le moyen de les surmonter. |
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