| CHAPITRE 5 | |
| Tous tes échecs, en victoires, tu transformeras Quiconque a vu « Forrest Gump » se souvient de la scène où Forrest enfant, atteint dune polio étrange maladie et poursuivi par ses vilains petits camarades, se met à courir malgré les prothèses métalliques qui raidissent ses jambes. Encouragé par sa camarade (qui lui lance le désormais célèbre « Run, Forrest, run ! » ), il tente limpossible et tente rassemble toutes ses forces pourde les distancer. Tout dabord lente et hésitante, sa course maladroite saccélère à travers champs. Lun après lautre, les verrous de ses prothèses sautent et font voler en éclat ces bouts de métal qui ont empoisonné son enfance. Libéré de ce carcan, le voilà qui prend de la vitesse et sème ses poursuivants médusés. Il court maintenant à pleine vitesse, ce dont il se fera une spécialité tout au long du film. Au cinéma comme dans la vie, certaines scènes vous marquent. Celle-ci illustre bien à mes yeux lune des leçons du film. Tout est toujours possible. , celle que Forrest Gump alias Tom Hanks résume ainsi la vie est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais ce que lon va trouver à lintérieur . Philosophie de pacotille, ou bien façon comme une autre de faire comprendre que tout est possible ? Combien de fois ai-je moi-même moi-même rêvé de cette prothèse volant en éclats, en me réveillant dun cauchemar dont jai mis des années à me débarrasser ? Selon un scénario immuable, la scène de mon cauchemar était toujours la mêmese répète. Je suis en train de marcher dans un décor onirique apparemment en pleine forme physique. En retard à un rendez-vous, forcément imaginaire, jaccélère le rythme et me mets à courir. Mais une force inconnue mempêche davancer, me condamnant au surplace. Telle une voiture immobile, dont le moteur accélèrerait, mais dont le conducteur aurait omis de déserrerdesserrer le frein à main, je navance pas. Impossible de lutter. Le décor se fige. Mes jambes bougent, moi pas. ( ) Cette soirée sordide et cette nuit blanche mont obligé à regarder la réalité en face. Et à faire honnêtement le bilan de ces premières années désastreuses. Obsédés par la course de vitesse que je pensais engagée en France dès lors que javais pris mon premier Caffè Latte chez Coopers Coffee à New York, nous sommes allés trop vite. A lévidence, ce que javais découvert et ressenti ne pouvait échapper à des groupes mille fois plus puissants et structurés que nous ne le serions jamais. Il fallait agir rapidement, et lidée de gérer dès le départ deux points de vente, qui plus est distants de deux-cents kilomètres, ne me paraissait pas totalement absurde. Cétait compter sans la distance et labsence de proximité physique, qui rendent le management infiniment moins efficace. ( ) Une preuve supplémentaire, sil en était besoin, que largent procure parfois généralement plus de moyens que de talent... Et la puissance, plus de confort que de vision stratégique ! Mais pourquoi diable ouvrir deux points de vente, alors même que nous ne maîtrisions rien de ce nouveau métier, ni de notre concept et de ses contraintes ? Sans doute nos yeux ont-ils brillé trop fort à lidée de construire rapidement une chaîne nationale, et sans doute aussi nous sommes-nous laissés griser par limpression davoir réussi. (NOTE: avant même davoir vraiment commencé ? ) ( ) Tout échec porte en lui les clés dun futur succès. Cest ce qui en fait sa force, à défaut den faire son charme. Encore faut-il sefforcer de le comprendre pour mieux le digérer et rebondir ensuite plus haut Quand on échoue, rien ne sert en effet daccuser ces « crétins de clients qui nont rien compris », ou ces « abrutis de banquiers qui ne vous ont pas suivi ». Se complaire dans la déception, labattement, la rancur ou le sentiment dinjustice ne mène nulle part. Surmonter ses échecs et en faire des victoires, tel est le vrai secret. Tout échec porte en lui les clés dun futur succès. Cest ce qui fait sa force, à défaut den faire son charme. Encore faut-il sefforcer de le comprendre pour mieux le digérer et rebondir ensuite plus haut Cultiver la mémoire de ses erreurs pour fertiliser le terrain de ses réussites futures. Quand on échoue, rien ne sert daccuser ces idiots de clients qui nont rien compris , ou même ces abrutis de banquiers qui ne vous ont pas suivi . Se complaire dans la déception, labattement, la rancur ou le sentiment dinjustice ne mène nulle part. Transformer tous ses échecs en victoires, tel est le secret. Les salariés, eux-mêmes, auraient tort de croire cet enseignement réservé aux seuls entrepreneurs. |
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