| CHAPITRE 10 | |
| De léthique, en toutes choses, tu auras - Comment reste-t-il dargent liquide dans la caisse ? Ralph et moi restonsen sommes bouche bée. Le liquidateur qui nous reçoit, en cet après-midi de septembre 1995, ny va pas par quatre chemins ! Au moins sa première question a-t-elle le mérite de la clarté et de la franchise. Son but, sassurer avant toute chose quil pourra lui-même se rémunérer honorablement Si, bien sûr, il accepte la mission que nous sommes venus lui confier : la mise en liquidation de la société Richelieu Investissements, qui exploite depuis un an notre magasin dEuralille. Un rendez-vous mille fois repoussé, tant cette perspective nous effraie et nous rebute. Mais une décision devenue inévitable. ( ) Nous lécoutons tels deux idiots qui ne comprennent pas ce qui leur arrive, puis mettons rapidement un terme à ce rendez-vous surréaliste. Nous quittons en silence limmeuble de la rue Cortambert, et enfilons tout aussi silencieusement nos casques. Au moment denfourcher nos scooters, nos regards se croient, et nous lançons en même temps :Nous quittons en silence limmeuble de la rue Cortambert, et enfilons tout aussi silencieusement nos casques. Mais nos regards se croisent, et nous lançons en même temps : - On ne peut pas faire ça ! Ce type pue, son système pue, et on ne peut pas planter abandonner des gens qui nous ont fait confiance. Jamais nous ne donnerons un franc à ce vautour. (NOTE: auparavant crapule ) Ca prendra le temps nécessaire, mais nous payerons nos dettes. Nous devons trouver une autre solution ! ( ) Lhistoire mérite dêtre racontée. Elle commence un jour ordinaire de 1996, par la visite dans nos bureaux de lavenue de Wagram à Paris, de Nick Basden, un « jeune stagiaire réalisant une étude sur le marché européen » , tel quil mavait été présenté parau nom de Starbucks. Au terme dun entretien fort courtois, au cours duquel je métais efforcé de renseigner au mieux mon interlocuteur sans pour autant lui révéler de grands secrets, ce dernier me remercie dune drôle de façon : - Merci beaucoup pour toutes ces infos. Et... Ah oui, avant que je noublie, mon patron Howard Behar, président de Starbucks International, ma chargé de vous prévenir que nous vous attaquons en justice. Vous devriez en être informé officiellement dans les jours qui viennent ! Totalement abasourdi, je le raccompagne mon visiteur avec limpression davoir raté une séquence du film Quelques semaines plus tard, une lettre recommandée du Tribunal de Grande Instance de Paris minforme que Starbucks attaque Columbus pour contrefaçon de marque. ( ) Commençant à comprendre que combien son dossier était bien vide, et réalisant que le « petit village gaulois » montrerait plus de résistance que prévu, Howard Behar commença tout dabord à infléchir la stratégie de son patron, par un coup de fil étonnamment sympathique. Pour la première foisen effet, Starbucks nexigeait plus de dommages et intérêts, mais dans une volonté dapaisement, une simple indemnité symbolique. Mais une indemnité accompagnée de la cession de la marque ! Déterminés à ne pas faire de cadeau au géant de Seattle, nous avons continué pendant plusieurs mois cette partie déchecs par avocat interposé, refusant à chaque fois loffre de plus en plus « généreuse » de notre adversaire. Lequel commençait visiblement à simpatienter, sans pour autant accepter nos conditions. Agacé par la façon dont Starbucks tentait systématiquement de reprendre la main, alternant gestes de bonne volonté et nouveaux blocages, fatigué de ses arguments de plus en plus creux, je finis par proposer une rencontre aux deux Howard. Sans réponse de leur part plusieurs semaines après ma proposition, je décide alors de jouer le tout pour le tout, et dattaquer enfin là où le coup porterait... Wall Street ! ( ) Sans doute est-ce à cause de tels personnages que jai créé sur mon PC un dossier sobrement intitulé « Conna...rds », (NOTE: c... ards est plus adapté, on y lira aussi bien cafards, que canards, en ref même fausse aux articles de presse, pb de linsulte - tout cette partie doit être relue avant grande attention ) dont lusage devrait être encouragé par les médecins et remboursé par la Sécurité Sociale. Jen recommande en tout cas la création immédiate à tous les propriétaires de micro-ordinateurs. Destiné à recevoir pour archive tous les documents échangés avec ceux qui méritent dy être précipités, le moment venu, il constitue un excellent e à mes yeux le meilleur remède anti-stress, pour faire face à la pression de la vie des affaires aujourdhui. Un simple geste de la souris, et voilà des mois de frustration et dénervement passés par pertes et profits. Comme vous vous en doutez, plusieurs des personnages de ce livre y ont fini leurs jours. ( ) |
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